Ciné-Bazar cherche à faire de l’hétéroclite son cheval de bataille. À travers deux premiers numéros déjà sortis chez Sin’Art, la revue a présenté, analysé et conversé avec plus d’une vingtaine de réalisateurs et techniciens du cinéma venant du monde entier et travaillant dans tous les styles. Ainsi, dans un même regroupement de pages, il est possible de lire par exemple des interviews d’Eugène Green et de Lewis Teague. Cinéastes qui n’ont – l’amour du cinéma mis à part – rien en commun. La force de Ciné-Bazar tient dans ces entretiens, cœur des numéros. Mais autour de ces rencontres, viennent aussi se lier différentes critiques et analyses passionnantes, écrites par des collaborateurs venant eux aussi de plusieurs directions. Bien comprendre Ciné-Bazar c’est se laisser aller à la lecture et accepter cette diversité qui traverse les pages et qui fait aussi le cinéma. A l'occasion de son 3e numéro, le fanzine Ciné-Bazar s'est mué en revue professionnelle. Le résultat est étonnant. Le magazine adopte le format et le volume d'un roman, 230 pages en noir et blanc sur un solide papier (format 170x240). Avoir en mains cet objet qui se range facilement dans toute bibliothèque procure un indéniable plaisir. Pour ce qui est du contenu, on y trouve, comme d'habitude, une grande variété de sujets traités, dans un style de qualité, clair, sans fioritures. Les amateurs de western américain apprécieront le dossier Delmer Daves, avec des propos recueillis de son fils. A lire, notamment, dans ce numéro un dossier Dan Lausten, talentueux directeur de la photo danois, un autre sur "Thriller" de Bo Arne Vibenius, avec une (très) longue interview du cinéaste, ainsi que beaucoup d'autres entretiens. En prime, les mémoires facétieuses de l'anglo-australien Brian Trenchard-Smith à propos de deux Leprechaun qu'il réalisa pour le marché vidéo voici vingt ans. Une revue-livre à (re)découvrir. Alain Schlockoff (L'Ecran fantastique)